L'Hebdo Blog, 414

Métamorphoses de l’hystérie

Éditorial

28/09/2026
Alice Delarue

En 1977, Lacan s’interroge : que sont devenues les hystériques freudiennes et qu’est-ce qui remplace leurs symptômes d’autrefois1Lacan J., « Propos sur l’hystérie », Quarto, n°2, 1981, p. 5.?

Les remaniements de la doctrine analytique font apparaître différentes versions de l’hystérie, entremêlées les unes aux autres. La première est l’hystérie dans sa version traumatique, que Freud rencontre auprès de Charcot. Dans ce que Freud et Breuer nommeront l’hystérie de conversion, l’affect lié à une représentation psychique s’incarne spécialement dans des symptômes corporels. Avec l’hystérie de défense, Freud découvre une temporalité particulière, celle de l’après-coup, et ouvre une voie où Lacan situera plus tard un pathétique spécifique à l’hystérie face au réel du sexe : le dégoût, un très peu pour moi, qui constitue une défense primaire du sujet2Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Extimité », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris 8, cours du 20 novembre 1985, inédit.. Lorsqu’il abandonne l’hypnose au profit de l’écoute de ses patients, Freud invente une nouvelle version qu’on pourrait nommer l’hystérie sous transfert et qui lui permet de forger les concepts d’inconscient et de refoulement.

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  • 1
    Lacan J., « Propos sur l’hystérie », Quarto, n°2, 1981, p. 5.
  • 2
    Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Extimité », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris 8, cours du 20 novembre 1985, inédit.