L'Hebdo Blog, 397

Lalangue de l’autiste

Éditorial

09/03/2026
Elise Etchamendy

L’autiste est-il vraiment un sujet hors du langage ? Certes, il ne s’agit pas pour lui d’utiliser la parole pour communiquer avec son entourage. Toutefois, nombreux sont ceux qui font de petits bruits avec leur bouche, des claquements de langue, des vocalises étranges… C’est alors à un certain versant du langage que les autistes ont affaire, qui n’est pas de l’ordre de la communication mais plutôt de ce que Lacan appelait lalangue.

Ce sont Robert et Rosine Lefort qui, les premiers, ont rendu compte de ce rapport non communicationnel au langage en faisant l’hypothèse d’une forclusion de la cheville du S1 dans l’autisme1Lefort R. & R., La Distinction de l’autisme, Paris, Seuil, 2003, p. 26:l’absence de signifiant-maître ne permet pas d’écrire la ronde des discours et du lien à l’Autre. C’est alors lalangue qui prévaut, c’est-à-dire une langue qui ne s’utilise que pour la jouissance des sons qui la composent, sans visée discursive.

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    Lefort R. & R., La Distinction de l’autisme, Paris, Seuil, 2003, p. 26