Drôle de paire que celle du cinéma et de la psychanalyse ! Tous deux nés à l’orée du vingtième siècle, qu’est-ce qu’une pratique visant l’insu et un art qui, par son « pur dispositif de fenêtre […] met en rapport le sujet et le monde1Wajcman G., « Vive l’eau de rose ! », in Joucla J. (s/dir.), Au cinéma, croire à l’inconscient, Lormont, Éditions nouvelles Cécile Defaut, 2016, p. 7.», peuvent bien avoir à se dire ?
Avec Freud et Lacan, rappelons que le psychanalyste suit l’artiste et s’enseigne de lui. Ainsi, depuis longtemps, l’École de la Cause freudienne et les ACF veillent, lors des Journées ou des activités de connexion, à ce que puisse se poursuivre la rencontre entre la psychanalyse et le cinéma.
Dans un texte rare, Lacan affirme : « On dit qu’un art est fait pour plaire : c’est sa définition, mais ça ne suffit pas au cinéma : il faut y être convaincant.2Lacan J., « Sur L’Assassin musicien de Benoît Jacquot », in Miller J.-A. (s/dir.), Lacan regarde le cinéma. Le cinéma regarde Lacan, Paris, École de la Cause freudienne, 2011, p. 195.» L’image, tout comme le signifiant d’ailleurs, en impose au spectateur. À la fois travail d’écriture et de mise en image, le cinéma est une vision orientée. Mais qu’est-ce qui dirige le regard du cinéaste, et que veut-il nous montrer ?
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