CPCT

Variétés des séparations : le pari du dire

5 décembre 2025 - 13h30 à 17h30
Infos pratiques
05/12/25 - 13h30 à 17h30

Renseignements : cpctparents.colloque@gmail.com

Maison de Quartier Villejean
Rue de Bourgogne, 12
35000 Rennes
Inscription
Tarifs :

Tarifs : 30€ / 10€

Le colloque du CPCT-parents de Rennes organise une après-midi avec Dominique Corpelet, psychanalyste, membre de l’ECF

Argument

Notre colloque se propose de mettre à l’étude ce qui, dans les liens entre parents et enfants, cause la souffrance, le désarroi, voire une urgence à venir consulter. 

Notre monde contemporain est imprégné des idéaux d’harmonie, de transparence, d’égalité, et de mesure, nourrissant un imaginaire de l’amour qui incline à chercher chez son partenaire un identique à soi-même. On en oublie qu’en « chacun se creuse une faille qui le met à distance de lui-même 1Miller J-A., « Des choses de finesse », La Cause du désir, no 119, mai 2025, p. 11. », que l’on n’est pas transparent à soi-même, pas plus qu’un enfant ne l’est pour son parent. Ce qu’il veut, ce qu’il demande comporte une part d’énigme. Si devenir mère ou père relève souvent de la nécessité ou de la contingence d’un désir, c’est toujours avec une part d’opacité. C’est ce qui peut ouvrir à un : « je ne m’aime pas comme parent, je ne sais plus comment faire ». Cette faille se signale, lorsque la crise fait irruption dans la famille et que le langage fait défaut à en saisir les tenants et les aboutissants. Naissent alors de nombreuses questions : « Pourquoi je ne peux plus me passer de mon enfant ? », « Que me veut-il dans ses demandes sans limites ? », « Faut-il attendre qu’il me dise tout ? », « Sommes-nous toujours une famille ? »

Si l’idéal de la famille est toujours en remaniement, l’une de ses modalités est centrée sur l’enfant : il en assure le trait d’union. Se séparer a de multiples acceptions qui sont à distinguer pour chaque parent. Cette question ne se limite pas à se séparer physiquement de son enfant et vice-versa. De quoi le sujet veut-il ou peut-il se séparer ? Parfois cette question se veut plus précise : « je veux me séparer de ça »« Je sais que j’en fais trop »« Je ne veux plus me laisser bouffer ». Le parent cherche à éclairer ce avec quoi il est aux prises. Il ne s’agit donc pas tant de viser la séparation des corps, que de trouver avec celui qui vient nous voir, à construire de « petites solitudes 2La Sagna P., « De l’isolement à la solitude », La Cause freudienne, n° 66, juin 2007, p. 49.» qui permettront un lien plus apaisé aux autres, à son enfant, comme à lui-même.

Au CPCT-parents, nous accueillons avec tact et rigueur, cette faille que rencontre un parent entre l’idéal qu’il a de sa fonction et ses actes, tout en visant un au-delà à sa plainte initiale. Saisir avec lui les signifiants qui ont forgé cet idéal, épingler certaines vérités qui se succèdent, viendra cerner cette part de lui-même qui se passe de mots, qu’il veut ignorer ou faire taire. Faire le pari du dire, accuser réception de ce qui peut faire question, ouvre la possibilité que celle-ci prenne la tournure de la réponse, lorsque le parent qui vient nous parler suppose qu’il y a là quelque chose de méconnu le concernant. 

Dominique Corpelet, psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne sera notre invité. Il discutera les exposés cliniques de trois consultants du CPCT-parents et interviendra sur notre thème. 

 Alain Le Bouëtté, directeur CPCT-parents

 

  • 1
    Miller J-A., « Des choses de finesse », La Cause du désir, no 119, mai 2025, p. 11.
  • 2
    La Sagna P., « De l’isolement à la solitude », La Cause freudienne, n° 66, juin 2007, p. 49.