L’ACF en Val-de-Loire – Bretagne organise une conversation avec Armelle Guivarch et Marie-Hélène Roch, psychanalystes, membres de l’École de la Cause freudienne, autour de leur ouvrage Psychoses sous transfert.
Argument
Dans leur livre Psychoses sous transfert, Armelle Guivarch et Marie-Hélène Roch nous conduisent vers une lecture des psychoses qui se soutient d’une clinique de l’invention permettant de saisir les symptômes comme déterminants logiques d’une solution singulière.
La question diagnostique nous dit Jacques-Alain Miller, est « un art de juger d’un cas sans règle et sans classe préétablie1Miller J.-A., « Le rossignol de Lacan », Conférence d’ouverture de la Section Clinique de Buenos Aires le 3 novembre 1998, La Cause freudienne, no 69, 2008, p. 91.». Aussi, il propose le terme de psychose ordinaire pour nommer la psychose lorsque celle-ci est dissimulée ou voilée2Miller J.-A., « Effet retour sur la psychose ordinaire », Quarto, no 94-95, ECF, Bruxelles, janvier 2009, p. 42., lorsqu’il n’y a pas eu de déclenchement. « La psychose ordinaire est une création » nous dit Armelle Guivarch. Elle ajoute : « si la pratique est notre priorité, elle requiert aussi la théorie ». L’invention de la psychose ordinaire s’articule en effet à la clinique borroméenne, présente à la fin de l’enseignement de Jacques Lacan ; elle n’annule pas « la clinique classique, structurale, sérieuse3Guivarch A., « Clinique et pratique sous transfert », Psychoses sous transfert, Paris, Le Champ freudien, 2024, p. 12.». Elle s’appuie sur les modalités de nouage dans des formes stabilisées, ordinaires de la psychose, sous transfert. C’est une clinique des petits indices de la forclusion qui cherche à cerner ce qui permet au sujet de se tenir dans le monde. Marie-Hélène Roch rappelle par ailleurs que « la psychose ordinaire s’origine de la pratique, des difficultés pratiques. C’est notre boussole4Roch M.-H., « La clinique du singulier », Psychoses sous transfert, op. cit., p. 54.».
Afin d’éclairer la position du clinicien qui ne cède pas à l’accueil du sujet, à la rencontre, dans une époque encline à un discours déficitaire et uniformisant, nous converserons avec les auteurs autour des maladies du parlêtres, de « ce désordre provoqué au joint le plus intime du sentiment de la vie5Lacan J., « D’une question préliminaire à tout traitement possible dans la psychose », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 558.».