Campus de l'ECF
Paris

Le crime à l’ombre du réel

E10. 2023-2024. Francesca Biagi-Chai

du 8 février au 16 mai 2024 à 21h00
Infos pratiques
du 08/02 au 16/05/24 à 21h00

8 dates. Les jeudis.
2023 : 05/10, 09/11, 07/12.
2024 : 11/01, 08/02, 07/03, 04/04, 16/05.

 

École de la Cause freudienne
1 rue Huysmans
75006 Paris
Et en visioconférence.
Inscription
Tarifs :

Sur place : gratuit, sur inscription préalable à  local@causefreudienne.org
Visioconférence par Zoom : sur abonnement 80€.

Dans le cadre du Campus de l’ECF, Francesca Biagi-Chai , psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, dépliera des concepts psychanalytiques en lien avec le thème.

Argument

Nos médias annoncent quotidiennement les crimes les plus stupéfiants tant l’apparente absence de motivation y demeure constante. Comment comprendre ce criminel si gentil, doux, discret qui tue sauvagement et s’en retourne ensuite vaquer tranquillement à ses affaires comme si de rien n’était ? Comment appréhender ces meurtres qui font apparaitre une grande disproportion entre leur motif (une rupture, une animosité voire de la haine…) et la barbarie de l’acte ? Que dire enfin de l’énigmatique impassibilité du criminel devant le verdict qui le condamne à perpétuité ?

À l’évidence, profileurs et experts peinent à élucider de tels crimes. Les généralités invoquées de façon plaquée ou les catégories prédéterminées laissent intact le hiatus entre l’acte et la personnalité de l’auteur. Lacan quant à lui, dès 1950, les avait rendus consubstantiels en ces termes : « Si la psychanalyse irréalise le crime, elle ne déshumanise pas le criminel1Lacan J., « Introduction théorique à la fonction de la psychanalyse en criminologie », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 129.». Autrement dit, aucune théorie qui vaille si le réel en cause, et la jouissance qu’il supporte, ne sont pas interrogés. C’est précisément ce que nous nous proposons d’examiner, dans une clinique orientée par le dernier enseignement de Lacan, qui associe signifiant, image et objet a. C’est depuis la logique d’un sujet que celle du passage à l’acte sera à retrouver. Ce dernier s’est développé à l’ombre du réel peu ou mal identifié jusqu’alors, le plus souvent celui de la psychose. Le point obscur de la motivation, souvent insu du sujet lui-même, sera rapporté au discours dans lequel il était pris. Nous nous avancerons ainsi dans la délicate question de la responsabilité à lire dans les vacillations d’une subjectivité que la psychanalyse maintien comme irréductible.

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    Lacan J., « Introduction théorique à la fonction de la psychanalyse en criminologie », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 129.