ACF
Vannes

« Folies contemporaines »

De "n'est pas fou qui veut" à "tout le monde est fou"

6 avril 2024 - 14h00 à 16h30
Infos pratiques
06/04/24 - 14h00 à 16h30

Accueil : 13h45
CMPP
35 rue des grandes murailles, 56000 VANNES

Inscription
Tarifs :

Participation aux frais : 10€
Etudiants, demandeurs d’emploi : 5€
Renseignements et inscriptions : acfvanneslorient@gmail.com

Cycle d’étude 23/24 de l’ACF en VLB à Vannes-Lorient :
Atelier clinique en présence de Damien Guyonnet, psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP
Présentations de Stéphanie Ramat et Corinne Perrot

Chacun se souvient des Pensées pascaliennes. L’une d’entre elles, passée à la postérité, retient l’attention : « Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou par un autre tour de folie, de n’être pas fou[1] ». On sait que l’articulation – promue par le Philosophe – entre sagesse et folie, sur fond de morale et de théologie reste la clé de lecture de son propos : au 17è siècle, Dieu est encore dans le coup. Cependant, lorsque Pascal envisage par ailleurs que, tant pour « ceux qui sont dans le dérèglement [que pour] ceux qui sont dans l’ordre […], le langage est pareil de tous côtés. Il faut avoir un point fixe comme le port pour en juger[2] », c’est alors plus largement aux discours qu’il s’intéresse. Il pose ainsi une question cruciale : d’où s’énonce, se juge foncièrement que tel propos relève de la déraison ?

Notons que de « n’est pas fou qui veut[3] » à « tout le monde est fou[4] », c’est à cette même question que Lacan n’a pas cessé de s’affronter : longtemps convaincu de la carence d’un signifiant d’exception à même de rendre raison de la logique de la psychose, son étude de Joyce le mènera en effet à reposer le problème à nouveaux frais, au point de « nous entraîner dans une postmodernité où la psychose devient peu à peu un paradigme de la subjectivité contemporaine[5] ».

On se gardera pour autant de conclure trop hâtivement à la psychose généralisée. « Tout le monde est fou » signifie plutôt que notre époque, fossoyeuse décidée de la Tradition, tient désormais pour acquis que « tout le monde est normal[6] ». Résultat :  chaque parlêtre revendique aujourd’hui pour lui-même « des solutions non standard, bricolées, des inventions sur mesure et singulières de réaliser la structure[7] » – grain de folie, délire propre à chacun -, et qui n’excluent pas, selon le cas, la possibilité effective de la psychose.

Nous en discuterons à partir de la présentation de deux cas cliniques, en compagnie de Damien Guyonnet, notre invité.

David Oger


[1] Pascal Blaise, Pensées (1670),  Paris, Flammarion, Coll. « GF », 1993.

[2] Ibid.

[3] Lacan Jacques, « Propos sur la causalité psychique » (1946), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 176.

[4] Lacan Jacques,  Le Séminaire, livre XXIII, Le Sinthome (1975-1976), Paris, Seuil, 2005, p. 77.

[5]  Horne Reinoso Victoria,  « Point de folie à l’ère du parlêtre », La Cause du Désir, vol. 98, n°. 1, 2018, p. 67-71.

[6] Miller Jacques-Alain, « Tout le monde est fou », consultable en ligne : « Tout le monde est fou » – (congresamp2024.world)

[7] Horne Reinoso Victoria, op. cit.