Après-midi d’étude sur la thématique « Donner la vie », et projection/échanges du film « Jeunes mères » de Jean-Pierre et Luc Dardenne, à Verneuil d’Avre & d’Iton, organisé par l’association Chemins d’Enfance, avec la participation de l’ACF et du CEREDA Eure.
Invitée : Patricia Wartelle, psychanalyste membre de l’ECF.
Argument :
Freud déjà faisait entendre que la maternité nait dans les rêves, ces envies n’étant d’ailleurs nullement l’apanage des femmes. Le désir de maternité est donc un fait de culture chez l’être humain, un désir qui vient à l’être parlant ; point d’instinct maternel qui vaille dans cette affaire, « nature-elle-ment » – comme Rose-Paule Vinciguerra1Vinciguerra R.-P., « Maman solo », dans l’ouvrage collectif Être mère. Des femmes psychanalystes parlent de la maternité, sous la direction de Christiane Alberti, Paris, Navarin, 2014, p. 90. le fait résonner dans une jolie équivoque. Donner la vie mène à être parent d’un enfant, si ce choix est fait et maintenu ; le film « Jeunes mères »2Dardenne J.-P. et Dardenne L., « Jeunes mères », un film de 2025, projeté au Trianon à Verneuil sur Avre ce vendredi 6 février 2026 lors d’une soirée Cinéma/échanges. témoigne avec une grande sensibilité de ces délicates décisions. Être parent peut aussi se réaliser sans donner la vie dans sa chair, c’est le cas de l’adoption qui relève d’un processus symbolique. Parents – ou père, mère ? Ce terme, comme celui de parentalité sous lequel on relève différents circuits vers l’enfant, efface les différences entre les fonctions paternelles et maternelles. Lacan, comme le rappelle Marie-Hélène Brousse3Brousse M.-H., « Hors sexe – Extension du circuit de la mère », in Être mère…, op. cit., p. 56., « différenciait un père d’une mère quant au désir d’enfant. Du coté homme, il soulignait (…) qu’il s’agit de faire « d’une femme l’objet a qui cause son désir »4Cité par Marie-Hélène Brousse : Lacan J., Le séminaire, livre XXIII, RSI, inédit, leçon du 21 janvier 1975. » – le menant à prendre soin paternel des enfants qui naitront. « Pour une femme, ajoute-t-elle, il mettait l’enfant directement en position d’objet a », l’enfant en « position de causer son désir de maternité ». Voilà quelques questions que l’on pourra poser à notre invitée, Patricia Wartelle, psychanalyste, pour qu’elle puisse nous apporter des éclairages. Si aujourd’hui, il n’est plus attendu d’une femme « qu’elle accouche dans la douleur », il se peut néanmoins que pèse sur elle, à la place, une exigence féroce, un impératif que la société ne manque pas de relayer : être une mère, et, être une bonne mère. L’amour maternel n’est pas programmé, et la rencontre de l’enfant fait trou dans l’harmonie supposée ou espérée, comme on le constate tous les jours. Il reste pour chacun d’inventer sa façon singulière d’être mère ; savoir-faire avec cet enjeu essentiel qu’une mère ne reste pas « seule » avec l’enfant, mais que se glisse entre eux deux « une certaine distance, une inter-diction », comme le formule Dominique Laurent5Laurent D., « Techno-maternités ; l’illimité du désir d’enfant » ; in Être mère…, op. cit., p. 30. -relevant donc d’un fait de langage. Nous vous donnons rendez-vous ce 6 février, à 17h pour la conférence de Patricia Wartelle : « Reproduire la vie », puis à 20h pour la soirée Cinéma/échanges au cinéma Le Trianon !