KARIM BORDEAU (PLUS-UN), ANNE COLOMBEL-PLOUZENNEC, DAISUKE FUKUDA, ANNE GANIVET-POUMELLEC,
SOPHIE LAC.
Argument
Dans son cours du 11 mai 2011 Jacques-Alain Miller formulait en quoi la fonction du trou dans l’enseignement de Lacan constitue un pivot d’où s’opère une bascule, nous désencombrant de tout un fatras ontologique. En effet, à la notion du manque-à-être et peut-être même à celle du manque-à-jouir, qui est une version plus radicale du manque-à-être, se substitue « celle du trou. Qui n’est pas sans rapport avec le manque-à-être et qui pourtant est d’un autre registre que l’ontologique. Donc c’est ça que je me retrouve obligé à penser : le rapport, la filiation et pourtant la différence entre le manque-à-être et le trou par quoi Lacan voulait, dans son dernier enseignement, définir le symbolique lui-même, le définir comme trou1Miller J-A., « L’orientation lacanienne. L’Un-tout-seul », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris 8, 2010-2011, séance du 11 mai 2011, inédit. ».
Lacan formule : « Il est de la nature même du symbolique de comporter un trou. C’est ce trou que je vise, et où je reconnais l’Urverdrängung [refoulement originaire] elle-même2Lacan J., Le Séminaire, livre XXIII, Le Sinthome, texte établi par J.-A. Miller, Seuil, Paris, 2005, p. 41. ». Il s’agit alors de suivre ce trou à la trace3Cf. Lacan J., Le Séminaire, « R.S.I », leçon du 8 avril 1975, texte établi par J.-A. Miller, Ornicar ?, n°5, hiver 1975 /76, p. 39..
Ces deux énoncés nous serviront de boussole pour notre enquête et trouveront des voies de développement dans le fil des questions suivantes: que deviennent le souvenir, l’inconscient et l’objet, dans cette perspective du trou ? Quels en sont les enjeux pragmatique, épistémologique et clinique ?