ACF
Val-de-Reuil

Quelles paroles pour quelle pratique  ?

Colloque de l’ACF en Normandie

4 juin 2022 - 09h00 à 18h00
Infos pratiques
04/06/22 - 09h00 à 18h00
Hôtel Mercure
7 voie des Clouets
27100 Val-de-Reuil
Inscription
Tarifs :

25€ tarif normal.
15€ étudiants, demandeurs d’emploi.

Renseignements et inscriptions auprès de Laurence Morel à l’adresse indiquée sur le site de l’ACF en Normandie ou en téléchargeant le bulletin d’inscription.

Quelles paroles pour quelle pratique ?

Paroles standardisées, paroles inutiles et fécondes, parole impossible.

Par Serge Dziomba, délégué régional de l’ACF en Normandie.

Aujourd’hui la parole fait problème. Une évolution se constate au jour le jour : la place de la parole change, son usage se rétrécit dans une dimension bureaucratique et techno qui s’installe et la domine. Telle est la voie que dessine le discours du maître contemporain. Ce repérage s’effectue in situ, ici et maintenant.

Les pratiques du soin psy, éducatives, en sont modifiées, chamboulées. En institutions, l’échange autour des situations des personnes qui en bénéficient se réduit de plus en plus. Les réunions perdent leur richesse et leur efficace faits d’hypothèses, de discussions, de problèmes et de solutions, toujours à remettre à l’ouvrage. Le temps pour comprendre ce qu’il se passe est mis entre parenthèses, évacué.

De même, dans le domaine scientifique, particulièrement celui de la recherche biomédicale, un débat se fait jour autour de l’écart entre les études publiées et l’observation.

Qu’est-ce qui préside, quel est le moteur de cette évolution à rebours ? L’hypothèse que nous aurons à examiner tient en deux mots : prescription et proscription. Dans ce nouvel usage de la parole, installé, l’accent est mis sur l’injonction. Ce sont les paroles prescrites gouvernant ce qui est à faire comme obligatoire qui s’imposent. Il s’agit d’une contrainte à la standardisation des pratiques. Dans ce cadre, nous relevons à côté des prescriptions surmoïques, la dimension de l’interdit avec la proscription : l’idéologie scientiste se parant des vertus de la science impose le rejet, la proscription de toute parole non standard.

Ce qui préside à la dominance du couple prescription/proscription mérite d’être étudié. Une question se pose à ce titre : ce passage du statut multiforme de la parole à celui d’une parole standard impliquant une pratique uniforme, ne force-t-il pas la parole à devenir une valeur ? L’ajout à la parole d’une valeur transforme alors sa place et ses modalités : des énoncés standards, une énonciation anonyme.

Grâce à Jacques Lacan, nous savons que la psychanalyse est une pratique de la parole sans valeur. En effet dans la rencontre avec un analyste nulle prescription ni proscription qui vaillent, afin que puisse s’entendre le dire dans ce qui se dit. L’offre de la psychanalyse est à l’envers de la parole standardisée comme valeur promue par le maître contemporain. A ce titre la parole en psychanalyse est du registre de l’inutile fécond.

Des interventions montreront l’efficace de l’usage précieux de la parole comme inutile.

Enfin il y a la parole comme impossible, là où se constate qu’elle rate et où à la place, apparaît le symptôme pour chaque être parlant. Comment s’en débrouille-t-on ? Ici encore, il y a à témoigner.