Campus de l'ECF
Paris

Fantasme masculin vs fantasme féminin

E5.2022-2023-Lilia Mahjoub

29 novembre 2022 - 21h00
Infos pratiques
29/11/22 - 21h00

8 dates. Les mardis.
2022: 29/11, 13/12,
2023: 17/01, 07/02, 07/03, 04/04, 09/05, 06/06

École de la Cause freudienne
1 rue Huysmans
75006 Paris
Et en visioconférence.
Inscription
Tarifs :

Sur place en accès libre.
Le cycle en visioconférence : 80€.

Dans le cadre du Campus de l’ECF, Lilia Mahjoub, psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, dépliera des concepts psychanalytiques en lien avec le thème Fantasme masculin vs fantasme féminin.

Argument

Le fantasme inconscient conceptualisé par Freud, notamment dans son article « Un enfant est battu1Cf. Freud S., « Un enfant est battu. Contribution à la connaissance de la genèse des perversions sexuelles », Névrose, psychose et perversion, Paris, PUF, 1973, p. 219-243. », procédait d’une construction que révélait la cure.
Lacan, quant à lui, fera appel à la logique, car celle-ci « suppose qu’il n’y a pas d’autre entrée pour le sujet dans le réel que le fantasme2Lacan J., « La logique du fantasme. Compte rendu du Séminaire 1966-1967 », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 326.».
Or, Lacan parla de fantasme féminin, à propos de Don Juan, mais aussi de fantasme masculin concernant le masochisme féminin. De plus, il installa, au cœur de sa logique de la sexuation, la formule du fantasme en plaçant le sujet côté homme et l’objet côté femme. Cela voudrait-il dire que le fantasme du sujet vaut tant pour la femme que pour l’homme si celle-ci se situe côté homme ? Car, côté femme, nous avons l’objet a que serait une femme dans le fantasme d’un homme, mais pas de sujet.
Quid alors du fantasme côté femme ?
Le sujet hystérique peut livrer à foison des fantasmes, comme dans le cas d’Anna O., où Freud et Breuer se sont « ébattus comme des petits poissons dans l’eau3Lacan J., Le Séminaire, livre X, L’Angoisse, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2004, p. 64.» et ne virent pas le petit rien qu’avala Breuer, lequel prit peur et laissa tomber sa patiente, alors que Freud, courageux, affronta sa propre angoisse devant ce désir. Si Lacan articula que ce n’est pas l’objet a qui soutient le désir mais bien le fantasme, il faut donc prendre en considération la formule toute entière du fantasme et non pas les termes isolés de celle-ci.
Ainsi le fantasme ne revient pas à une mise en commun entre les deux partenaires, ce qui renvoie à une lettre de Lacan du 11 mars 1980, concernant les femmes qui n’étaient pas privées de la satisfaction phallique. Il précisait que, pour cela, il fallait qu’une femme « tombe sur l’homme qui lui parle selon son fantasme fondamental, à elle4Lacan J., « D’écolage », Aux Confins du Séminaire, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2021, p. 58.». Ce sont ces points, ces différences, ces articulations, cette logique quant au fantasme qui seront abordés, examinés et développés au cours de cette année d’enseignement.

  • 1
    Cf. Freud S., « Un enfant est battu. Contribution à la connaissance de la genèse des perversions sexuelles », Névrose, psychose et perversion, Paris, PUF, 1973, p. 219-243.
  • 2
    Lacan J., « La logique du fantasme. Compte rendu du Séminaire 1966-1967 », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 326.
  • 3
    Lacan J., Le Séminaire, livre X, L’Angoisse, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2004, p. 64.
  • 4
    Lacan J., « D’écolage », Aux Confins du Séminaire, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2021, p. 58.