ECF
Paris

Les conférences des Analystes de l’École

COUPURE - OMAÏRA MESEGUER

10 janvier 2023 - 21h00
Infos pratiques
10/01/23 - 21h00
École de la Cause freudienne
1 rue Huysmans
75006 Paris
Inscription
Tarifs :

Deux formules :

Gratuit sur inscription préalable à: local@causefreudienne.org

En visioconférence : 10€

« Dire a quelque chose à faire avec le temps1Lacan J., Le Séminaire, livre XXV, « Le moment de conclure », leçon du 15 novembre 1977, inédit. ». L’expérience d’une analyse menée jusqu’à son terme permet de constater le temps qu’il faut pour parvenir à dire. Tout au long du trajet analytique parole et dire se séparent, se décollent l’un de l’autre. Le dire s’arrache de la parole, laquelle veut toujours plus-de-sens. « La parole est de l’ordre de la sécrétion2Miller J.-A., « Psychanalyse en immersion », La Cause du désir, n° 106, 2020, p. 27. », elle est du côté d’un trop, elle produit de l’« obscurantisme3Lacan J., Aux Confins du Séminaire, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Navarin, 2021, p. 67.».

Réduire, tordre, chiffonner, pulvériser, concasser les signifiants saturés de sens. Combien d’opérations ! Des actes concrets pour coincer le matériel des mots et saisir leur portée4Cf. Lacan J., Le Séminaire, livre XXV, « Le moment de conclure », op. cit.. Le parlêtre « apprend à parler et ça laisse des traces5Ibid., leçon du 10 janvier 1978.», nous dit Lacan, des traces font évènement. Une analyse n’est pas autre chose que d’éprouver pas à pas « qu’on ne sait pas ce qu’on dit quand on parle6Ibid., leçon du 20 décembre 1977. ».

Trancher le rond de ficelle est un acte de haute chirurgie, puisqu’il est possible que « la coupure soit évènementielle7Miller J.-A., « Psychanalyse en immersion », op. cit., p. 32.», qu’elle touche l’évènement de jouissance. C’est inédit et c’est précis. La fin de l’analyse s’éprouve : la satisfaction de se constater délesté de ce qui engluait libère une énergie qui produit un nouvel élan.

Lacan note « qu’être un AE à la hauteur […] comporte au moins qu’on l’ouvre8Lacan J., Aux Confins du Séminaire, op. cit., p. 64. ». L’ouvrir pour dire. Dire au ras des mots quelle a été la traversée et comment le passage de l’analysant à l’analyste s’est opéré. Il y a de l’analyste quand celui-ci opère à partir de son sinthome. Quand il ne peut pas faire autrement. Simples et sophistiquées à la fois, c’est souvent de cette manière que se présentent les trouvailles dans la psychanalyse.  

  • 1
    Lacan J., Le Séminaire, livre XXV, « Le moment de conclure », leçon du 15 novembre 1977, inédit. 
  • 2
    Miller J.-A., « Psychanalyse en immersion », La Cause du désir, n° 106, 2020, p. 27. 
  • 3
    Lacan J., Aux Confins du Séminaire, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Navarin, 2021, p. 67.
  • 4
    Cf. Lacan J., Le Séminaire, livre XXV, « Le moment de conclure », op. cit.
  • 5
    Ibid., leçon du 10 janvier 1978.
  • 6
    Ibid., leçon du 20 décembre 1977.
  • 7
    Miller J.-A., « Psychanalyse en immersion », op. cit., p. 32.
  • 8
    Lacan J., Aux Confins du Séminaire, op. cit., p. 64.